3 semaines plus tard…

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Comme vous le savez, j’ai démarré mon nouveau job la dernière semaine d’Aout. Depuis, un véritable tsunami s’est abattu sur moi. Et ce terme, cette catastrophe naturelle, n’a pas été choisie au hasard. Car le début a vraiment été difficile et je ne suis pas certaine de pouvoir clôturer le prélude afin de passer au premier chapitre de ma nouvelle histoire profesionnelle.

Il y a d’abord eu ce premier jour. J’étais stressée car je sais qu’il y a des attentes et je n’avais pas envie de décevoir. Les premières apparences sont importantes et je n’avais pas envie de laisser les gens sur une mauvaise première impression à cause d’une maladresse ou d’une parole inadéquate. J’ai quand-même 15 ans d’un bagage très particulier et très spécifique dans mes poches et je redoute un peu ce choc des cultures. Passer d’un environnement international très convivial, très ouvert, très intellectuel parfois mais aussi trop conceptuel et trop loin de la réalité à un environnement belgo-belge, un vase clos ou tous le monde connait tous le monde, ou les langues nationales sont parlées les unes dans les autres et ou le tangible, le terrain est la seule chose qui compte. C’est certain, ça sera une adaptation.

Il y a le badge. Heureusement qu’il y a eu ma journée d’accueil pendant laquelle mon badge a été crée pour moi. Ca y est, j’ai accès. C’est un bon début.

Il a eu l’arrivée et l’accueil pas hyper ponctuel. Moi, je suis ponctuelle. Faire attendre quelqu’un 10 minutes le jour de son arrivée, je trouve cela malpoli. Je comprendrais rapidement que le quart-d’heure de politesse est un acquis ici. Et pan dans la zone de confort.

Ensuite, les lieux. Bâtiment immense réparti sur 6 étages. Je suis au dernier. Tant mieux, je ne pourrais pas me tromper dans l’ascenseur. Mais tout se ressemble. Que l’on soit au premier, deuxième, etc. A chaque étage, un plan. Ouf, c’est toujours mieux que rien.

Il y a l’équipement. Je reçois immédiatement mon nouveau PC avant même de rejoindre mon bureau. Ensuite mon login et mot de passe. La vache, bien rôdé leur système. Mais c’est une usine à gaz. Le PC, c’est un Dell très épais, très lourd en Windows 7… Moi qui rêvait secrètement de pouvoir choisir et de me retrouver avec un MacBook Pro. Je passerais mon tour. Je dois envisager de rêver plus réaliste…

Il y a les bureaux. Aucun employé n’a de bureau fixe. Tu t’installes la ou tu trouves de la place. Ma zone de confort en prend un coup, encore un. Déjà, cela éveille des questions en moi. Mon équipe, elle aussi elle peut s’asseoir ou elle veut ? Comment je fais pour gérer ça ??? Ou est mon équipe d’ailleurs ???

Et puis il y a les gens. Les gens. Beaucoup de gens. Enormément de gens. 5 fois plus que chez mon précédent employeur. Je rencontre des gens, pleins de gens, tous très sympa. Ca c’est machin et il fait ça. Ca c’est truc et il fait ça. Au bout d’une vingtaine de rencontres en moins d’une heure, j’ai l’impression qu’au moins 5 personnes occupent le même poste… Hum, c’est surement un problème de perception.

S’en suis, une longue journée ou je suis trainée par ma collègue, de réunion en réunion, de rencontre en rencontre. Au bout de 2 heures, j’ai envie de m’éclipser pour commander un Instax Mini 8 de Fuji sur Amazon pour livraison le lendemain. Avec cet engin, je pourrais photographier chaque personne rencontrée et mettre son nom directement sur la photo imprimée. La fonction de la personne, je la rajouterais en deuxième semaine. Je n’ai qu’un cerveau.

Le midi, le déjeuner est rapide et compliqué. Il faut charger le badge d’argent et choisir parmi 3 files. Au bout de chaque file, 3 mets différents. Je suis ma collègue. Ce n’est qu’un lunch après tout.

Après le déjeuner, je suis encore trainée de réunion en réunion. Je prend des notes, beaucoup de notes, car je suis arrivée à un stade ou la capacité d’enregistrement de mon cerveau est tombée à zéro. Mes piles sont vides. Et je ne sais pas si ce que je vois est important ou pas. Ma collègue ayant des critères de classifications plus subjectifs, je n’ose pas trop m’y fier.

Pendant le journée, le service des voitures de société m’appelle pour dire qu’ils ont une voiture pour moi. Je suis scotchée. Ce n’est pas du tout ce que j’aurais du recevoir. Mais vu mon état de fatigue, je ne proteste que très modérément. Ce sera ok pour ce soir et ils continuent à chercher. J’en suis arrivée à un point ou cela n’a plus vraiment d’importance. Je veux m’enfuir en fait.

Nous terminons vers 19H30, avec des collègues d’autres départements assis sur le bureau de ma collègue, amorçant une tentative vraiment pas élégante de négociation afin de lui faire accepter quelque chose qu’elle ne veut pas. Elle capitule…

Je rentre chez moi avec pleins de choses à raconter mais un gros doute : est-ce que je reviens demain ? Est-ce que c’est ça que je voulais ? Je réalise ensuite que je n’ai même pas vu mon boss…

Heureusement que je retrouve ma famille. Ce que ça fait du bien de me retrouver dans ma zone de confort.

Le deuxième jour j’y retourne. Cette fois-ci, le stress de la découverte du parking se rajoute à toutes les autres angoisses. Je retrouve mon bureau. Ouf tout va bien. Toute la semaine se passera de la même façon. Les réunions, les visages, les gens qui font tous le même job, mais pas vraiment. Le bâtiment dans lequel je me perds à plusieurs reprises. L’oubli du badge. La voiture à échanger pour un modèle plus adapté mais totalement pourri et à faire réparer… Bref, des futilités mais des soucis dont je pourrais bien me passer.

Au troisième jour, je vois enfin mon boss. Il propose de me rencontrer le lendemain. Il me donne pleins de conseils. Me dit qu’il est disponible mais qu’il ne rappellera que tard dans la soirée. OK, ça me va. Que je dois attendre un peu pour la mise en place de mon équipe. Il se montre humain. Je suis soulagée. Ils ne sont pas tous dingues…

Nous sommes maintenant à la fin de la troisième semaine. Cette semaine a été ma première semaine en solo. Ma collègue est partie. C’était prévu comme ça, sauf qu’on a omis de m’en parler. Bref, un détail qui se réglera bientôt. Enfin je l’espère. Je redécouvre le métier du terrain, ce qui est bien. Je découvre le tangible, l’action/réaction. Je découvre les colères aussi. Ici, certains ne mâchent pas leurs mots et crient dès que quelque chose ne va pas. Ca me surprend. Je n’aime pas. Je continue à perdre du temps à trouver des salles de réunion mais je retrouve toujours mon bureau. Je n’oublies plus mon badge.

Pour conclure, je dirais que je jongles avec les marées. Un coup j’ai la tête sous l’eau, un coup j’ai pied. Tant qu’il y aura des marées, il y a aura de l’espoir. Je réalise que je suis entourée de gens très positifs et très compétents mais que dans le lot se trouvent aussi des gens nocifs aux intentions plus que douteuses, dont je vais devoir me méfier. J’y retournerais donc demain pour la quatrième et dernière semaine de mon premier mois en espérant pouvoir établir un peu plus ma zone de confort et d’avoir l’impression ou l’illusion peut-être de contrôler cette chose qu’est mon nouveau job. Une chose est certaine, j’ai redécouvert cette fierté d’appartenir à quelque chose de grand, à contribuer positivement et directement à quelque chose de bien et ça, ça n’a pas de prix.

Je voudrais aussi remercier celles et ceux qui me lisent. Je sais que je ne suis pas présente et je ne peux faire aucune promesse quant à un retour régulier rapide. Je n’ai plus trop le contrôle la. Merci de votre patience.

 

4 COMMENTS

  1. Coucou ! heureuse d’avoir de tes nouvelles 🙂 courage ! il faut un temps d’adaptation !! ça a l’air « chaud » comme ambiance quand même (moi, pas de bureau perso, ça me perturberait beaucoup !!) Gros bisous et à bientôt !!

  2. J’ai beaucoup pensé à toi en me demandant comment ça se passait…Bon courage pour ses débuts, il faut toujours un temps d’adaptation…
    Gros bisous!

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