Le ski à plus de 40 ans ou comment bien s’y préparer

0
205 vues

J’imagine que me retrouver au bout de plusieurs mois sur un titre aussi racoleur doit bien vous faire sourire, ou peut-être pas. Que ce soit l’un ou l’autre, je pense qu’il est utile pour moi et pour d’autres de poser ici quelques lignes afin de ne pas oublier cette incroyable aventure qu’a été notre semaine de ski à l’Alpe d’Huez.

L’idée nous a pris quelque part en fin d’année dernière. Idée un peu folle certes, dans la mesure ou ni mon Big ni moi n’avons fait de ski depuis plus de 20 ans. Au dela de ce délais, je pense qu’on peut raisonnablement parler de prescription. Après coup, peut-être pas tant que ça.

Combiner cela à notre vie moderne de citadins sédentaires, lire de quadragénaires pas très en forme et vraiment en mal et manque d’activité sportive et vous obtenez une famille ravie de partir car hâte de faire découvrir la montagne à sa progéniture mais très anxieuse voir même inquiète de rentrer avec des membres traumatisés par l’expérience.

Bon partir au ski, cela ne s’improvise pas. Nous avons donc, en toute logique, opté pour un séjour au Club Med car tout y est compris. N’ayant jamais ou presque été déçus par le Club, nous savions déjà ce choix judicieux. Ensuite, l’endroit. Celui-ci a été déterminé avec la vendeuse du Club avec pour seule requête la présence d’une piscine au village. Et puis de ne pas non plus trop craquer son slip budgetairement parlant. Le choix s’est donc naturellement porter sur le village de l’Alpe d’Huez la Sarenne. Et puis voila.

C’est plié oui mais voila, le ski, cela ne s’improvise pas. Je l’ai déjà dis ça non ?

Il faut de l’équipement. Pour les skis, les chaussures, le casque etc, le Club est la et tout est compris. Par contre, il faut apporter tous le reste: pantalon, veste, etc. Et la, c’est un peu le drame. Après collecte de conseils divers et variés, nous nous sommes retrouvés chez Décathlon pour ….  encore plus de conseils qui évidemment divergeaient un peu de ceux déjà reçus.  En même temps, c’est un peu comme ça avec les conseils hein. Donc, bref, 1 Decathlon… 2 Decathlon plus tard et nous voila équipé… en partie, car pour l’homme, plus rien de dispo. Tu penses. On ne s’équipe pas pour aller au ski au mois de Mars… Bien quoi ? Donc l’homme se rabat sur Amazon et y trouve, comme d’habitude son bonheur.

Vient ensuite le paquetage qui se passe finalement bien considérant la masse de vêtements à transporter. Ne sachant pas s’il faut marcher dehors entres la chambre et la salle de restaurant, la réception, etc, je ne prend rien de bien chic, me préparant à la virée vers le grand froid… Pour le dress code du Club, on improvisera donc.

C’est donc le jour du grand départ. Nous partons samedi soir pour faire un petit break à Nancy. Nous arrivons le lendemain en milieu d’après-midi dans les Alpes. Nous appréhendons. Les chaines sont prêtes dans le coffre. Nos bottes de neige ainsi que le reste du mathos « grand froid/grosse neige » sont prêts à être enfilés. Nous commençons l’ascension vers le village et plus ça monte, plus on perd de degrés. Oh la vache, il va faire froid la haut, mais bizarrement, ça ne descend pas tant que ça… On arrive au lieu de chainage. Mouais, mais il fait 6 degrés la, les routes sont dégagées (lire il n’y a pas une once de neige…). Je pense que ça ira. On continue notre progression et sur les coups de 16H nous voilas arrivés au village et la… y’a presque pas de neige autour de nous. Nous voyons bien de la neige autour mais bizarrement, nous pouvons mettre les pieds sur une sol non enneigé. Bon, bien c’est donc ça les sports d’hiver ?

Nous nous enregistrons, prenons possession de la chambre et suivons scrupuleusement le programme du jour. Car oui, pour skier il faut s’inscrire à l’école de ski, inscrire la Pitchoun au Mini-Club pour que elle aussi puisse apprendre à profiter des joies de la neige, aller essayer ses chaussures et prendre possession de ses skis. Tout ça dans une cohue plus ou moins importantes car oui, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée de faire du ski à Pâques.

Ensuite vient le diner, le spectacle et tranquillement nous allons trouver notre petit lit douillet car demain c’est debout à 7 heures. Et oui, le ski ca se mérite!

Debout à 7 heures et petit-déjeuner vers 7h45. Le Club est plein et surtout rempli d’israéliens. Eux aussi fêtent Pâques. Malheureusement, ce ne sont pas des gens très agréables en vacances. Triste découverte donc. Nous retournons à la chambre afin d’enfiler notre accoutrement car il n’y a pas d’autres mots à mon sens. La petite part au Mini-Club. Je m’inquiète car tout est nouveau pour elle mais tout cela a l’air vachement bien rodé ce qui fait que je reste tranquille.

Big et moi nous rendons à la ski room afin d’enfiler les chaussures. Et la… c’est le drame. La chaussure que je mets mes sert trop le mollet. J’ai les mollets toniques et donc la, c’est un peu la cata. Je demande à changer de paire. Pas de soucis. Même si c’est un peu moins pénible, ca reste douloureux. Bon, bien, on va dire que c’est normal. Je m’inquiète. Ma PR est en veille donc ça devrait aller mais bon voila, cela ne veut pas dire que ma condition est bonne, tout du contraire.

Nous sortons et retrouvons le moniteur qui nous enguirlande déjà un peu « vous êtes en retard ». Euh, il est 9H02 et rendez-vous à 9H05. Bref, ce sera militaire et c’est normal mais je n’ai pas l’habitude au Club. Direction le bus. Le bus ? Oui… pour une courte balade. Je suis contente de déjà pouvoir m’asseoir car ma jambe me fait mal. Nous arrivons et c’est parti pour un premier cours de ski. Le ritme est soutenu et même si mes tous vieux réflexes me reviennent très rapidement, c’est hard. Absence totale de condition physique et surtout jambe douloureuse. Vers midi, le cours est fini et malheureusement, je suis obligée de m’arrêter pour la journée. En enlevant ma chaussure j’arrive à peine à marcher.

Revenu à la chambre, mon homme me soigne: anti-inflammatoires et patch. Pfff, ca fait mal. Donc vers 18H, direction le médecin. Et la, le verdict tombe: poussée inflammatoire. Je ne vous dis pas ma déception et ma rage. Big part m’acheter ce qu’il faut à la pharmacie afin d’enrayer tout ça. Donc fin du ski en tout cas pour le moment. Il me conseille de continuer après 3 jours mais avec un cours particulier histoire de pouvoir y aller au ritme de mes articulations.

Je suis déçue mais je me fais une raison. J’ai essayé et cela ne s’est pas passé comme prévu mais la semaine n’est pas finie pour autant.

Big aussi a du mal à suivre. C’est que notre instructeur est un gars qui fonce. Et la cadence de 3 heures le matin et 3 heures l’après-midi pour des citadins sédentaires, elle est dure à tenir.

Le mardi et le mercredi j’explore le village comme je peux mais il n’y a rien à explorer. Certes, il y a une piscine mais bon, pas envie de faire plouf seule et puis, franchement, ma jambe me fait mal. Mercredi ça va enfin mieux et la, j’envisage de renfiler mes skis avec un cours particulier. Je prend 1 heure histoire de tester.

Je retrouve mon instructeur sur le temps de midi jeudi et c’est parti pour une sympathique balade. La douleur va beaucoup mieux et même si elle est encore un peu présente à droite, c’est déjà franchement plus supportable.  Je re-réserve une session pour vendredi midi et cette fois-ci je prend 2 heures avec une monitrice, Christelle, qui va être celle va sauver mes vacances au ski. Car oui, Christelle a compris que mon expérience prescrite ne l’était pas tout à fait et que finalement, je n’étais pas mauvaise du tout. Nous avons donc fait le tour de 4 pistes. Bon pour la dernière, j’étais au peu au bout de ma vie et le style n’y étais pas. La neige du printemps étant une neige collante et très variable par endroit il faut déjà savoir se débrouiller. J’ai donc fait des pirouettes et même une toute petite chute que j’ai crue fatale à un moment. Mais non, heureusement.

Ma monitrice très enthousiaste a immédiatement appelé le responsable planning afin de demander ma certification 🙂

Big lui a fait toute la semaine avec son moniteur pleins de punch et surtout poussés par ces israéliens en quête d’aventure, de vitesse et de pentes encore plus glissantes. Ils ont fini sur une rouge! Pour des débutants c’est quand-même rapide comme progression.

Le samedi c’est fini. Nous avons fait l’ascension du Pic Blanc avec nos bottes de neige cette fois-ci, car oui, de la neige il en restait, même si elle fondait à vue d’oeil. Nous avons visité la grotte des glaces. Une grotte éphémère qui vaut vraiment la peine d’être visitée. Chaque année, les sculptures sont entièrement refaites. Dans l’après-midi, Pitchoun a pris encore un cours particulier avec une monitrice. C’est que le ski elle adore ça ! Big et moi nous reposons car dimanche c’est le grand retour.

Conclusion

Le presque premier ski, passé la quarantaine, c’est faisable et c’est un peu comme le vélo, les sensations et réflexes reviennent. Mais il faut être vigilant. La neige du printemps n’est pas une neige facile et donc, même avec un tout petit brevet en poche, on continue les cours. Et surtout, on se fait accompagner et on écoute les conseils du prof. l’ESF, y’a pas mieux!

On se prépare physiquement et pas trois jours avant. On prépare d’abord sa condition: un peu de vélo, de marche, de natation, de course à pied. Et puis on se fait quelques séries d’exercices de préparation au ski. Quelques exemples: ici et ici ou encore ici. Minimum 1 mois de préparation quotidienne!

On s’équipe de façon intelligente. Ce n’est pas un défilé de mode. On y va tôt dans la saison donc dès le début de l’hiver histoire d’avoir du choix. On privilégie la multiplication de couches fines et pas les grosses couches. On prend des vêtements qui s’enlèvent facilement. Pas besoin de prendre 2 pantalons même si je n’ai pas vécu de climat humide extrême. Par contre, on multiplie les sous-vêtements techniques, car on bouge et quand on bouge, on transpire. Vous me suivez ?

On prends de bonnes chaussettes, fines mais protectrices.

On choisis une veste avec beaucoup de poches histoire d’y glisser le forfait, près du poignet, le portable, le produit de protection solaire.

On prend des gants qui laissent bien respirer avec une lichette histoire de pouvoir les accrocher au poignet.

Pour une semaine, il faut prévoir:

  • 1 pantalon avec bretelles !
  • 2 sous-vêtements techniques
  • 2 gilets qui se portent par dessus
  • 1 veste
  • 2 paires de gants si l’on transpire vraiment beaucoup
  • 5 paires de chaussettes: 1 par jour

Ca c’est que pour le ski. N’hésitez pas à prendre des sous-vêtements en suffisance si vous avez trop transpiré et qu’après une bonne douche, vous avez envie d’enfiler quelque chose de propre et de frais.

Pour la protection solaire, on trouve en pharmacie des sticks qui font tubes et stick pour les lèvres en même temps. C’est ce que l’on emporte sur les pistes. Dans la chambre avant de partir, vous mettez de la crème a indice élevé. Et puis surtout, essayez de prendre une bouteille d’eau pour boire sur les pistes. Le ski, ça donne soif et il est important de bien boire histoire de se prémunir contre les crampes !

Voila, je pense que j’ai tout dis. J’espère que ce récit et mes quelques conseils aideront ceux qui se lancent! Et surtout profitez et respirez, la montagne c’est formidable!

Laisser un commentaire