Les aventures de Pitchoun chez les Lutins

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Four young scout members in uniform looking to the map and compass. Close plan without face

Ma petite Pitchoun, qui est tout de même en train de bien grandir, a rejoint les mouvements de jeunesse il y a de cela 4 ans. Elle avait 6 ans a l’époque si ma mémoire est encore bonne. Elle a démarré chez les Baladins, un groupement mixte filles et garçons. Après cette introduction, elle a rejoint les Lutins qui ne regroupe que des filles. Je vous raconte ici mon expérience et mes observations car rejoindre un mouvement de jeunesse quand on n’en a jamais fait partie, ce n’est pas si évident.

Pour tout clarifier, mon Big lui a bien fait partie d’un mouvement de jeunesse pendant de nombreux années. Il m’a raconté pas mal d’histoires de son temps chez les scouts et je pense que ce sont quelques part, ses bons souvenirs et le fait que je n’ai pas vraiment eu le droit d’y aller étant petite, qui ont fait que la motivation était grande. C’est grace à la maman d’un copain de classe, qui se reconnaitra peut-être car je sais que parfois elle me lit (Coucou A-L ;-)), que Pitchoun a eu sa place dans l’unité dans notre commune. Il faut savoir que la demande est forte et que trouver une place chez les scouts ou les guides par chez nous, ce n’est pas vraiment simple. Et donc son coup de pouce nous a vraiment aidé. Encore merci!

Les 2 premières années Lutins c’est surtout une découverte, surtout pour moi. Ce sont ces journées entières passées au vert le dimanche avec des copains et copines de son age. Ce sont des jeux d’extérieur. Des repas pris à l’extérieur. De nombreux kilomètres passés à marcher, à marcher et encore marcher. Et c’est surtout des weekends et un grand camp en été, à se débrouiller tout seul avec ses affaires, loin, très loin (enfin tout est relatif) de papa et maman pour nous aider. Je ne vous cache pas que même à la première réunion je n’étais pas du tout rassurée. Lorsque l’on n’a pas fait les mouvements de jeunesse, les préjugés sont nombreux et surtout farfelus. Heureusement que Big a vite fait de faire le ménage (lire recadrer sa femme). Hahaha.

C’est un peu d’organisation aussi. C’est de l’équipement à acheter. Il faut un uniforme et non un accoutrement comme j’ai maladroitement annoncé vouloir acheter à la première visite à la Scouterie. Ma langue avait réellement fourché ce qui n’avait pas plus du tout au conseiller. Mais bon. Et puis pour les weekends, la il faut carrément tous le matériel pour passer 2 jours et surtout 2 nuits… au vert. Rassurez-vous, à cet age-la, ils dorment à l’intérieur. Mais tout de même. Lorsque j’ai installé ma Pitchoun à son premier weekend avec son petit matelas sois-disant auto-gonflant, sa couette et ses doudous, je ne vous dis pas le pincement au coeur.

Et c’est la qu’on prend toute la mesure de la magie de ce type d’organisation. C’est à la fois fascinant et terrifiant.

Ce sont de grands enfants qui s’occupent de petits enfants.

Car la différence d’age n’est pas très grande et même si les « chefs », comme on les appelle, sont pour la plupart aux études supérieurs, cela reste pour moi de très jeunes adultes. Surtout par rapport à nous parents. Quand on voit comment on peut parfois douter des soins, des conseils ou de l’éducation que l’on apporte à ses propres enfants, alors qu’on a déjà vécu beaucoup de choses, j’ai du mal à imaginer comment ces chefs peuvent savoir ce qu’il faut faire avec nos enfants. Oui, sauf qu’il faut laisser faire et avoir confiance. N’oublions-pas que les chefs eux-mêmes sont issus des mouvements de jeunesse et j’ai compris depuis que Pitchoun a rejoint les Lutins que l’assistance et la prise en charge des plus petits que soi s’apprend au plus jeune age.

Bon il y a des petits couacs parfois. Certains groupes de chefs sont peut-être moins motivés que d’autres. On oubliera l’épisode du sirop pour l’allergie qui a totalement disparu au retour du camp. Ou un enfant qui avait réussi à quitter l’enceinte d’un rassemblement chez les garçons tout seul sans rien dire à personne. Fort heureusement, il a été très rapidement retrouvé. Mais c’est aussi ça, l’apprentissage de la vie.

Et puis il y a de très chouettes expériences. Le camp est un moment très intense, comme elle comme pour nous. Lorsqu’elle est la-bas, c’est bien simple, elle nous oublie. L’année dernière nous n’avons reçu qu’une seule lettre, très simple: « je mange bien, je dors bien, tout va bien. Bisous… ». Et dire que je courrais à la poste tous les matins pour lui envoyer une lettre. Je lui ai même envoyé un postpak! Et donc, de notre coté, c’est un peu l’angoisse. Parce que bon, le camp d’été c’est 10 jours. Ce n’est pas rien. Le retour lui est magique. Il est clair que son niveau d’hygiène a été réduit à son plus simple expression pendant ces 10 jours. Mais elle est relâchée et cool. Elle est ultra-autonome. Elle nous ignore presque. Mais ca, ce n’est qu’une facade devant les copines. En réalité, elle est très heureuse de nous retrouver.

Et c’est bien surtout de cela qu’il s’agit. Ma Pitchoun est enfant unique. Pour lui permettre d’avoir des activités avec d’autres enfants, car la solitude peut tout de même s’avérer problématique pour un enfant unique, elle a accès tout un tas de choses pour enrichir son quotidien. Elle se fait des copines et c’est important, je pense, qu’elle apprenne réellement à s’intégrer et avoir une vie sociale riche. Et je pense qu’en plus des contacts avec d’autres jeunes filles, elle apprend ici a être réellement autonome, tout en bénéficiant d’un environnement sécurisé ou l’entraide, le respect et le partage sont des valeurs fortement mises en avant.  Et pour cela, un mouvement de jeunesse est réellement très utile.

Conclusion: les mouvements de jeunesse c’est une vraie école de la vie. Pour les enfants mais aussi un peu pour les parents. L’enfant doit clairement avoir l’esprit ouvert, ne pas avoir peur de se salir, de tenter de nouvelles expériences et être à fond dans l’entraide et le jeu en groupe. C’est vraiment une très belle expérience et une opportunité qui à mon sens est indispensable à tout enfant.

Et vous, vos enfants font-ils partie d’un mouvement de jeunesse? Quelle est votre expérience? Avez-vous fait partie d’un mouvement de jeunesse vous-même?

 

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